Histoire de Peisey-Vallandry
Peisey-Vallandry est le nom du domaine qui regroupe les stations de ski de Plan Peisey (commune de Peisey Nancroix) et Vallandry (commune de Landry).
Les mot "Peisey" et "Nancroix"
Le nom du village Peisey qui a donné naissance à la station Peisey-Vallandry viendrait de "pesetum", lieu où abondent les épicéas. Ses habitants s'appellent les Peiserotes et Peiserots.

Nancroix, anciennement Nant cruet, veut dire confluent de nants (du mot celte nanto : ruisseau, rivière) ou torrents.
Les premiers Peiserots 
Les premiers habitants seraient arrivés aux environs de l'An Mil (les toponymes des lieux étant précédés de l'article). Peisey est cité dans une bulle du pape Eugène III de Mars 1145. Pierre II, archevêque de Tarentaise, attribue, en 1170, la paroisse aux chanoines réguliers établis à la cathédrale de Moûtiers.
Les Peiserots ont progressivement développé une organisation démocratique: chaque année les chefs de famille élisaient deux d'entre eux comme syndics pour gérer les "fruits communs", c'est-à-dire les alpages communaux qui appartenaient à la collectivité. Ils en tiraient une certaine aisance financière. C'est ainsi qu'ils ont pu en 1685, dans le cadre du grand mouvement de la "Contre- réforme" qui a suivi le Concile de Trente, reconstruire une église plus grande et la décorer de sept retables dont trois dorés à l'or fin, réalisés notamment par des artistes venus du Val Sésia en Italie. Peisey a fait partie de la seigneurie de Saint-Maurice, érigée en marquisat au XVIIe en faveur des Chabod de Lescheraines.
Les Français 
Lorsque les Français sont arrivés en 1792, ils n'ont pas été bien accueillis car les Peiserots avaient déjà racheté les droits féodaux à leur seigneur. A la Révolution, grâce à leur mobilisation, les habitants ont pu limiter la fureur destructrice des révolutionnaires à la perte des cloches de l'église, tout en préservant leur clocher qui est le plus haut de Tarentaise. Le nom révolutionnaire de la commune était "les Monts d'Argent".
Notre-Dame-des-Vernettes 
Au début du XVIIIème siècle, ils édifient également un sanctuaire marial auprès d'une source "miraculeuse" située à 1600m d'altitude, une chapelle baroque : Notre-Dame-des-Vernettes qui fait l'objet d'un pèlerinage annuel. Peintures des voûtes et du dôme en 1733 par Luco Valentino, retable du maître-autel vers 1728 et retable de Saint-Nicolas en 1758.
La mine et les Anglais 
D'après la légende, la mine de plomb argentifère de Peisey a été découverte par la chèvre blanche d'une bergère, qui, en grattant le sol, mit à jour du minerai magnifique. On place généralement cet événement au commencement du XVIIIème siècle. Mais d'après les archives du département de la Savoie, elle était connue dès 1640. En effet, à cette date, les communiers de Peisey réclamaient une indemnité au marquis de Saint-Maurice, qui avait concédé l'exploitation de la mine à une compagnie anglaise. Les premiers exploitants, connus de façon certaine, sont encore des Anglais, MM. Deriva et Capson, de 1734 à 1745; puis la Compagnie du Plisson de 1745 à 1760. En 1760, 320 tonnes de plomb et 780 kilos d'argent sont extraits. La mine appartient à la Compagnie Savoyarde de 1768 à 1792 ou une brusque remontée des eaux provoque la mort de 4 mineurs. En 1793, la mine est nationalisée par suite de l'émigration de ses principaux actionnaires.
L'école française des Mines 
Napoléon Ier décide en 1802 d'y installer le siège de l'École Française des Mines. Malgré l'importance du gisement qui justifiait la création de cette École Pratique, la situation de la mine présentait d'énormes inconvénients. La rigueur du climat, l'accès par un simple chemin muletier depuis la vallée de l'Isère, ne permirent pas d'établir sur place le siège de l'enseignement technique qui fut fixé à Moûtiers, dans les bâtiments nationalisés de l'ancien séminaire. Les élèves n'allaient à Peisey que pour se former à la pratique en mettant eux-mêmes la main à la pâte. L'école sera rapatriée à Paris lorsque la Savoie retourne à la Maison de Savoie en 1815. Entre 1824 et 1850, la production progresse jusqu'à atteindre 250 tonnes de plomb, 500 kilos d'argent et 12 tonnes de litharge. Mais la mine finit par battre de l'aile notamment à cause d'incessantes remontées des eaux : alors qu'on comptait 300 ouvriers en 1804, ils ne sont plus que 40 en 1855. La population de la commune atteint alors 1600 habitants, mais les filons sont de plus en plus difficiles d'accès et des problèmes d'inondation des galeries amènent la fermeture définitive de la mine entre 1860 et 1866. C'est à cette époque que la Savoie devient définitivement française.
Le fer forgé 
Ayant acquis des compétences dans le domaine de la fonderie, de nombreux peiserots partent alors travailler à Paris où ils s'installent dans le 3ème et le 11ème arrondissement pour ouvrir des ateliers de "bronze imitation". Leur production sera présentée à l'Exposition universelle en 1900. Certains, fortune faite, reviennent ensuite au pays et y construisent de belles bâtisses agrémentées de balcon en fer forgé et de peintures en trompe l'oeil. On les appelle "les rentiers de Paris". M et Mme Jourdan offrent à la municipalité le bâtiment du Ramonard et celui de la Poste. Le village connaît malgré tout un fort exode rural et la population tombe à 400 habitants.
Dimanche 7 novembre 1899 : grave incendie à Peisey. Vers 15h30, un épais nuage de fumée s'échappe d'une maison. Les efforts de pompiers et des habitants sont à peu près inutiles devant la violence du sinistre; l'eau manque et l'on doit se contenter de circonscrire l'incendie en préservant les maisons nouvellement construites. L'incendie est maîtrisée vers 23h. Bilan: 26 maisons détruites et de nombreuses autres endommagées. Au total, on compte 36 sinistrés et 250 000 francs de pertes. (L'Avenir des Alpes 11/11/1899).
Les premiers touristes à Peisey-Vallandry 
La conquête des sommets a démarré très tôt : le Mont-Pourri, qu'on croit le plus haut sommet de la Vanoise (alors que la Grande Casse est son point culminant), est vaincu le 4 octobre 1861 par Michel Croz en solitaire.
Nancroix (qui s'écrit alors Nancroît) et Peisey, anciennement Pessey, puis Pesey, voient arriver les premiers skieurs dès 1900. Le tourisme commence à se développer dès les années 1920, après les terribles ravages de la grippe espagnole qui tue deux fois plus d'habitants que la guerre. Les premiers hôtels se construisent dans la vallée. En 1925, on compte trois hôtels à Nancroix. Les débutants font leurs premiers exercices entre le Pont Baudin et le hameau du Moulin et aussi rive gauche du Ponthurin entre Pré Envers et le Pont Baudin. Les skieurs confirmés utilisent pour monter les pentes des services de traîneaux à cheval ou à mulet. Les amateurs de courses à skis vont vers le refuge du Pourri, le col du Palet, le col de la Tourme, le col de la Sachette vers Tignes les Brévières, de la Grasse, du Plan Séry, de la Chiaupe, du Mont Saint-Jacques, des Frettes et de la Chale. Ils dépassent rarement 2.500 mètres d'altitude. Certains font de la luge sur la route glacée entre Peisey et Nancroix. Le premier remonte-pente, une simple corde actionnée par un mulet, est créé en 1930. Des moniteurs norvégiens viennent enseigner le télémark. René Poccard est le premier moniteur issu de la vallée. Par décret du 29 mars 1934, la commune Nancroix prend officiellement le nom de Peisey-Nancroix.
La commune de Peisey-Nancroix est devenue une station touristique et de sports d'hiver le 5 mars 1937 sous l'impulsion du maire de l'époque Edouard Baudin. La première école de ski est créée par des moniteurs autrichiens en 1935-1936. En 1938, Emile Allais vient faire une démonstration de ski. La même année, l'école de ski de Peisey est créée. A la fin des années 1940, on compte 5 moniteurs. Le premier télésiège privé français, utilisé en alternance selon l'enneigement avec un téléski à archets, a été construit à Peisey en 1948 entre le lieudit la Lonzagne et Plan Peisey. En 1963, la station de Peisey-Vallandry est créée avec la construction à 1600 mètres d'une annexe consacrée à la pratique du ski selon le modèle dit de "la 2e génération" comme Courchevel: Plan-Peisey. Un premier téléski est construit, il conduit au plateau du Rey. Trois fils neige fonctionnent en 1964. Un second téléski, "le 2300" est inauguré pour l'hiver 1965.
L'or blanc 
Le village se transforme peu à peu en station familiale dans les années 1970. Trois nouvelles remontées : le télésiège du Parchet, les nouveaux téléskis du Grand Renard et du 2300. En 1985, est créée la Régie entre Landry et Peisey. Les premiers immeubles voient le jour avec l'ensemble "La résidence Les Michailles" du nouveau village-station de Vallandry inauguré le 19 décembre 1986. On compte environ 50 moniteurs. Un premier télésiège débrayable de quatre places, Le Vallandry, est mis en service. Peisey développe son lotissement touristique de Plan Peisey. La régie communale des remontées mécaniques devient intercommunale.
En 1989, la Régie Intercommunale cède les droits d'exploitation du domaine skiable de Peisey-Vallandry pour la période du 18 octobre 1989 au 30 octobre 2019 (30 ans) à la Société des Téléphériques de l'Aiguille Grive (STAG), filiale de la Caisse des Dépôts et Consignation, qui est elle-même reprise par la Compagnie des Alpes en 1994-1995. La société holding SELALP a été absorbée par CDA Domaines Skiables au 1er décembre 2008. De nos jours, les écoles de ski emploient environ 200 moniteurs.
L'élevage 
L'essor touristique s'appuie aussi sur le maintien de l'activité traditionnelle d'élevage : Les éleveurs peiserots ont longtemps connu une vie nomade entre les hameaux où ils ne séjournaient que quelques semaines (Les Lanches, le Beaupra, les Bettières, la Cula, la Gure) en été au moment de la fenaison et au printemps et à l'automne pour y faire pâturer le bétail avant son départ à l'alpage et la démontagnée. Peisey comptait encore en 1989 plus de 500 vaches laitières, 228 génisses, 182 brebis et 111 chèvres. La coopérative de fromage Beaufort a traité 337.000 litres de lait en 1985.
Les avalanches 
Une importante avalanche a emporté un samedi après-midi, le 25 février 1995, huit refuges d'alpages aux Lanches, près de Peisey-Nancroix. Cette avalanche, qui a balayé un secteur d'un kilomètre de large sur une profondeur de deux kilomètres, a atteint une hauteur de huit mètres. L’historique des avalanches de la face Nord de Bellecôte montre que l’avalanche dans ce site est une respiration « naturelle » de la montagne. On a compté 44 avalanches depuis 1901, une fois tous les deux ans en moyenne. Le hameau des Lanches a été touché à 7 reprises depuis 1901, plutôt entre janvier et mars.
Paradiski 
Les Arcs et La Plagne se disputaient le skieur de part et d'autre du Ponthurin en rivalisant d'investissements jusqu'au jour ou ils ont décidé de travailler ensemble. Depuis décembre 2003, le plus grand téléphérique du monde, Vanoise Express, relie le domaine des Arcs à celui de la Plagne, de Peisey-Vallandry à Montchavin-les-Coches. L'espace Paradiski offre maintenant 425km de pistes aux skieurs sur un territoire de près de 300 km2. Depuis quelques années, ce développement touristique a permis une remontée de la population qui est passé de 400 habitants avant 1980 à plus de 600 habitants aujourd'hui.
Évolution de la population de Peisey-Vallandry de 1756 à nos jours 
Retrouvez le graphique qui retrace une histoire agitée : Évolution de la population de Peisey-Vallandry.
Quelques Maires
1868 : Claude Michel Favre. 1874 : Claude Maurice Favre. 1906: Maurice Joseph Garçon. 1911 : Jean Anaclet Richermoz. 1963-1971 : Francis Poccard . 1995-2008 : Patrick Givelet. Depuis mars 2008 : Gérard Collin.
Cette rubrique a été réalisée à partir de l'encyclopédie libre Wikipédia, de documents de M. Favre (Site internet) que nous remercions chaleureusement, du site 123 Savoie, du bulletin de l'association des anciens élèves de l'école des mines de Paris de 1932, de recherches.